*les députés nationaux de sud Kivu  affirment leur soutien à la candidature unique de Aimé Boji à la présidence de l’Assemblée nationale de la République démocratique du CongoDate de l’information : 29 octobre 2025

Une nouvelle pierre vient d’être posée dans le jeu politique de la majorité parlementaire en RDC. Les députés nationaux issus de la province du Sud‑Kivu ont officiellement déclaré leur soutien à la candidature unique de l’honorable Aimé Boji (élu de la circonscription de Walungu, Sud-Kivu) à la présidence de l’Assemblée nationale. Cette prise de position s’inscrit dans un contexte de recomposition interne de la plateforme de la majorité présidentielle, la Union sacrée de la Nation (USN), et pose les jalons d’un vaste équilibre politique à consolider.

Cette déclaration intervient dans un climat politique marqué par la recomposition du bureau de l’Assemblée nationale, après la démission du président sortant Christophe Mboso, et à la veille d’importantes réformes institutionnelles promises par le gouvernement. Les tractations au sein de l’Union sacrée se multiplient pour désigner un successeur capable de maintenir la cohésion de la majorité présidentielle.

L’annonce de ce soutien vient de la part d’un regroupement des élus nationaux du Sud-Kivu qui se sont réunis en séance interne pour dégager une position commune. Leur mot d’ordre : « unité, cohésion et respect du choix de la majorité ». Cette dynamique locale donne un relais territorial non négligeable au dossier de candidature de Boji, en soulignant que son ancrage en province et son expérience parlementaire jouent en sa faveur.

Pour les élus sud-kivutiens, ce soutien reflète une volonté : voir leur circonscription mieux représentée à la tête de la chambre basse du Parlement, ce qui, selon eux, peut favoriser davantage d’attention politique et institutionnelle au développement de leur région. Il s’agit également d’un signal adressé à la direction nationale de l’USN : que le Sud-Kivu veut être partie prenante et non simple spectateur du jeu national.

Aimé Boji Sangara, élu depuis plusieurs législatures, est décrit comme un parlementaire aguerri. Il a récemment quitté son poste au gouvernement, en tant qu’ancien ministre de l’Industrie, pour regagner son siège à l’Assemblée nationale, le 21 octobre 2025.
Son départ du gouvernement a été vu comme un retour stratégique en vue de briguer un rôle institutionnel majeur. Son profil, mêlant expérience parlementaire et passage au sein de l’exécutif, est mis en avant par ses partisans comme un atout pour diriger une chambre nationale confrontée à de nombreux défis.

Aimé Boji, 54 ans, est connu pour sa discrétion et son style de leadership consensuel. Diplômé en économie de l’Université de Kinshasa, il a fait ses premiers pas en politique au sein du Parti libéral chrétien avant de rejoindre l’Union pour la Nation Congolaise (UNC). Ses proches le décrivent comme un “homme d’équilibre et de dialogue”.

La présidence de l’Assemblée nationale est un poste hautement symbolique et stratégique dans l’architecture politique de la RDC : elle incarne la première institution de représentation populaire, et son occupant dispose d’un rôle clé dans le fonctionnement parlementaire, la gestion des débats et l’orientation des législatures.
Dans ce contexte, la désignation d’un candidat unique par la majorité vise à éviter les conflits internes, garder la cohésion et renforcer la capacité de la majorité à piloter l’agenda institutionnel. C’est dans cette perspective que la USN a annoncé, mercredi 29 octobre 2025, la désignation d’Aimé Boji comme candidat unique de la majorité.

L’appui des députés du Sud-Kivu s’inscrit donc dans une stratégie plus large de la majorité pour consolider ses alliances provinciales et nationales, afin de s’assurer d’un bon positionnement au moment de l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale.

Selon le règlement intérieur de la chambre basse, l’élection du président intervient après la vacance du poste, par scrutin secret, à la majorité absolue des suffrages exprimés. Chaque groupe parlementaire peut présenter un candidat, mais la majorité peut aussi proposer une candidature unique pour préserver l’unité. Le mandat du président est de cinq ans, renouvelable une fois durant la législature.

Pour le président Félix Tshisekedi, cette élection représente un test crucial. Le chef de l’État souhaite que la nouvelle direction de la chambre basse soit à la fois loyale et efficace dans la conduite des réformes prioritaires : réforme électorale, loi sur la décentralisation et contrôle parlementaire renforcé de l’action gouvernementale.

Malgré cet élan, des voix dissidentes se font entendre au sein de la majorité parlementaire. Certains députés nationaux, notamment d’autres provinces ou autres sensibilités, estiment que la désignation d’un candidat unique sans primaires pourrait fragiliser la démocratie interne de la plateforme.

En effet, l’appui unanime au Sud-Kivu est vu comme un facteur de renforcement pour Boji, mais aussi comme un signal que la majorité entend verrouiller le processus. Parmi les réticences figurent des inquiétudes quant à la libre expression des candidatures et à l’équité entre provinces dans la gestion du perchoir.

Malgré tout, du côté des partisans d’Aimé Boji, on met en avant que l’équilibre est respecté : le candidat remplit toutes les conditions prévues (député national, ancien membre du gouvernement) et son choix a été validé par l’autorité de référence de la USN, en l’occurrence le président de la République Félix Tshisekedi.

Pour le député Jean-Marie Ndaya (UDPS/Sud-Kivu), “le choix de Boji est celui de la stabilité. Il connaît la maison, il sait dialoguer avec tous les groupes politiques.”
De son côté, une source parlementaire de l’opposition, sous couvert d’anonymat, estime que “ce choix traduit une volonté d’homogénéisation du pouvoir, au risque d’étouffer le pluralisme politique à l’Assemblée.”

Du côté de l’opposition, les réactions sont prudentes. Certains députés de l’Ensemble pour la République et du MLC parlent d’un “vote joué d’avance” et dénoncent une “majorité verrouillée”. D’autres appellent à un débat démocratique au sein de la chambre pour éviter ce qu’ils qualifient de “nomination politique déguisée”.

L’affirmation du soutien des députés sud-kivutiens à la candidature de Boji a deux principaux effets :

  1. Pour le Sud-Kivu : Une opportunité de voir l’une de ses personnalités accéder à un poste national majeur. Cela pourrait renforcer la visibilité de la province à l’échelle nationale et légitimer les revendications de développement local.
  2. Pour l’équilibre national : Le Sud-Kivu se pose comme acteur central dans le schéma majoritaire. Aujourd’hui, les équilibres entre provinces dans les nominations et fonctions institutionnelles sont scrutés. Ce soutien formalisé donne au gouvernement de la majorité un argument de mobilisation territoriale.

Il reste toutefois à voir si d’autres provinces répliquent avec des positions similaires ou si des contre-alliances se forment après l’élection.

Pour le Sud-Kivu, région confrontée à des défis sécuritaires, économiques et humanitaires, l’accession d’un de ses fils à la présidence de l’Assemblée nationale est porteuse d’espoir. Certains leaders locaux y voient une opportunité pour plaider en faveur de la réhabilitation des routes, du développement agricole et du renforcement de la sécurité dans les territoires de Kalehe, Fizi et Uvira.

Selon les sources, l’élection du président de l’Assemblée nationale interviendra dans les jours à venir.  D’ici là :

La USN poursuit la mobilisation de ses députés pour garantir une majorité solide.

Les candidats éventuels doivent déposer leur dossier de candidature auprès du secrétariat de la majorité.

Les débats internes autour des modalités de l’élection, de la participation des autres sensibilités et de l’opposition devraient s’intensifier.

Pour Boji, l’appui des élus sud-kivutiens constitue une arme considérable. Reste à transformer ce soutien en voix effectives lors du vote plénier.

Les observateurs estiment que cette désignation pourrait aussi servir de test de cohésion pour la majorité présidentielle. Si Aimé Boji réussit à rallier l’ensemble des députés de l’Union sacrée, cela confortera la mainmise du président Tshisekedi sur la chambre basse. Dans le cas contraire, cela révélera les lignes de fracture internes, souvent alimentées par les ambitions régionales et personnelles.

Ce soutien intervient une semaine après le retour d’Aimé Boji à l’hémicycle, et quelques jours seulement après les consultations internes engagées par le bureau provisoire. Depuis la démission de Christophe Mboso, plusieurs noms circulaient pour le perchoir, dont celui de Daniel Aselo et de Modeste Mutinga, avant que la majorité ne se rallie autour de Boji Sangara.

Le bureau provisoire de l’Assemblée nationale doit convoquer la plénière d’élection dans un délai de 10 jours. Les députés auront à examiner les dossiers de candidature, puis à procéder au vote à bulletin secret. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue au premier tour, un second tour est organisé entre les deux premiers. L’élection devrait se tenir avant la fin de la session ordinaire de novembre 2025.

En annonçant leur soutien à la candidature unique d’Aimé Boji, les députés nationaux du Sud-Kivu participent à une dynamique politique clé dans l’ombre de l’Assemblée nationale. Ce geste symbolise aussi la force de la territorialisation des alliances dans la politique congolaise : les provinces ne se contentent plus d’être spectatrices, elles cherchent à devenir actrices dans les choix institutionnels majeurs.

Le défi restant pour la majorité sera de transformer ce soutien en victoire effective sans susciter des remous internes ou des ressentiments entre provinces. Pour l’heure, le choix de Boji est lancé ; la prochaine étape décidera de sa réussite ou de l’échec de cette manœuvre en termes d’équilibre politique national.

Le calendrier du vote, qui devrait être fixé dans les prochains jours par le bureau provisoire de l’Assemblée nationale, déterminera si la majorité réussit son pari d’unité. En attendant, Aimé Boji multiplie les consultations auprès des députés de toutes tendances, dans l’espoir d’obtenir un consensus national autour de sa candidature.

À savoir
L’Assemblée nationale compte 500 députés élus. La majorité parlementaire actuelle, issue de l’Union sacrée, détient environ 330 sièges. L’opposition en totalise 150, tandis qu’une vingtaine de députés indépendants font office de bascule lors des grands

Esaïe Vumi objectif DK TV

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