
Le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a livré ce mercredi 19 novembre 2025 une analyse approfondie de l’évolution du secteur minier en République démocratique du Congo (RDC). Intervenant lors d’une séance de travail consacrée à l’attractivité économique nationale, le VPM a rappelé un chiffre clé : depuis vingt ans, le pays enregistre en moyenne 2 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) par an dans les mines.
Un flux financier colossal qui, selon lui, a profondément remodelé l’économie congolaise, positionné la RDC au cœur de la chaîne mondiale d’approvisionnement en minerais stratégiques et permis au pays de franchir un cap historique : celui des 3 millions de tonnes de cuivre produites par an, faisant de la République démocratique du Congo le deuxième producteur mondial, juste derrière le Chili.
Au cours des deux dernières décennies, le secteur minier congolais a connu une transformation profonde après des années d’instabilité politique et économique qui avaient freiné l’exploitation des ressources nationales. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, la plupart des infrastructures minières étaient à l’abandon, les entreprises publiques étaient en difficulté et les investissements étrangers quasi inexistants. C’est avec la pacification progressive du pays, la restructuration de la Gécamines, l’ouverture de nouveaux partenariats et l’adoption de cadres juridiques modernes que la RDC a commencé à redevenir une destination attractive pour les investisseurs. Ce tournant historique a marqué le début d’un nouvel essor minier, ouvrant la voie aux flux d’investissements massifs observés aujourd’hui et à la montée en puissance du pays sur la scène mondiale des minerais stratégiques.
Les investissements directs étrangers ont constitué l’un des leviers majeurs de la relance du secteur minier congolais. Après les années de crises politiques et économiques ayant marqué la fin des années 1990, la RDC a progressivement reconstruit une attractivité fondée sur l’ampleur de ses ressources naturelles — notamment le cuivre, le cobalt, l’or, le coltan et le lithium, indispensables aux industries technologiques modernes.
Selon Daniel Mukoko Samba, ces 2 milliards USD injectés chaque année ont permis :
La réhabilitation et la modernisation des infrastructures minières,
L’ouverture ou la relance de plusieurs grands projets industriels,
La montée en puissance de géants miniers internationaux opérant dans le pays,
La création de milliers d’emplois directs et indirects.
Les IDE ont également servi de catalyseur à la restructuration du cadre légal, en renforçant la transparence, les obligations fiscales et les exigences environnementales — même si des défis subsistent.
Pour attirer et sécuriser les investissements étrangers, le gouvernement congolais a mis en œuvre au fil des années plusieurs réformes majeures dans le secteur minier. La révision du Code minier, l’instauration de mécanismes plus transparents pour l’octroi des licences, la simplification des procédures administratives et le renforcement de la fiscalité ont permis de créer un climat de confiance auprès des investisseurs internationaux. Parallèlement, des efforts ont été faits pour améliorer la gouvernance des entreprises publiques, contrôler la contrebande minière et garantir le respect des normes environnementales et sociales. Ces mesures ont contribué à stabiliser le secteur, à sécuriser les capitaux injectés et à positionner la RDC comme un partenaire fiable sur le marché mondial des minerais stratégiques.
La RDC franchit, en 2025, un seuil symbolique et stratégique : 3 millions de tonnes de cuivre produites.
Cette performance, saluée par le VPM de l’Économie nationale, constitue un tournant majeur dans l’histoire économique du pays. Depuis une décennie, la demande mondiale ne cesse de croître, portée en grande partie par :
La transition énergétique,
L’expansion des véhicules électriques,
Le développement des réseaux électriques intelligents,
La croissance des industries de haute technologie.
Le cuivre congolais se retrouve aujourd’hui au cœur de cette dynamique mondiale.
Avec ce volume, la RDC confirme sa place de deuxième producteur mondial, devant des pays traditionnellement considérés comme des références dans le secteur, comme la Chine ou le Pérou. Cette position renforce non seulement la visibilité internationale du pays mais aussi sa capacité d’influence dans les discussions sur les métaux critiques.
Le développement du secteur minier en RDC est fortement concentré dans certaines provinces riches en ressources naturelles. Le Haut-Katanga et le Lualaba, situés au cœur du bassin cuprifère, représentent les principaux centres de production de cuivre et de cobalt, tandis que le Katanga historique continue d’abriter d’importantes exploitations industrielles. D’autres provinces comme le Haut-Lomami, le Tanganyika et le Maniema participent également à l’exploitation de minerais stratégiques tels que le lithium, l’or et le coltan. Cette répartition géographique reflète la diversité et l’abondance du sous-sol congolais et souligne l’importance de ces régions dans la contribution globale du pays à l’économie minière mondiale.
Si le cuivre occupe une place centrale, il n’est pas le seul moteur de croissance. Le cobalt, dont la RDC assure près de 70 % de la production mondiale, continue de jouer un rôle essentiel dans l’industrie des batteries électriques. Les investissements étrangers ont permis de moderniser plusieurs chaînes de transformation et d’améliorer les capacités de raffinage.
Le pays a également intensifié les activités d’exploration pour d’autres minerais stratégiques comme le lithium, considéré comme l’un des piliers de l’économie énergétique de demain. Plusieurs projets sont en cours dans les provinces du Tanganyika et du Haut-Katanga, renforçant encore l’intérêt des multinationales pour le territoire congolais.
Daniel Mukoko Samba a insisté sur le fait que les performances actuelles ne sont pas le fruit du hasard, mais plutôt la conséquence d’un environnement économique beaucoup plus stable et d’un cadre réglementaire plus attractif.
Malgré les avancées, le VPM a souligné que les retombées économiques pourraient être plus importantes si certaines conditions étaient réunies. Il a notamment évoqué :
La faible transformation locale des minerais,
La dépendance excessive aux exportations brutes,
Les pertes fiscales liées aux failles administratives,
La nécessité de développer un tissu industriel national autour des mines,
L’amélioration du climat des affaires et des infrastructures.
La RDC reste en effet confrontée à un paradoxe : elle possède l’un des sous-sols les plus riches du monde, mais peine encore à traduire cette richesse en développement socio-économique tangible pour l’ensemble de la population.
Mukoko Samba a donc renouvelé l’appel du gouvernement à renforcer la chaîne de valeur locale, en favorisant la création d’unités de transformation, de fonderies, d’usines de batteries et d’industries dérivées.
Les investissements dans le secteur minier ont généré des retombées sociales significatives pour les communautés locales. La création d’emplois directs et indirects a permis à des milliers de Congolais d’accéder à des revenus stables, tandis que la construction et la réhabilitation de routes ont facilité la mobilité et le commerce dans les zones minières. Parallèlement, plusieurs entreprises et partenariats publics-privés ont financé des écoles, des centres de santé et des programmes de développement communautaire, contribuant à l’amélioration des conditions de vie et à la formation de jeunes talents locaux. Ces initiatives sociales renforcent le lien entre le secteur minier et le développement humain, illustrant le potentiel des mines comme moteur de progrès pour l’ensemble de la population.
Le discours du VPM s’inscrit dans une vision plus large portée par les autorités congolaises : celle de faire de la RDC non seulement un géant de la production minière, mais aussi un acteur majeur de la transformation industrielle en Afrique.
Cette vision repose sur plusieurs axes :
- Renforcer la maîtrise du secteur par l’État, tout en maintenant un partenariat équilibré avec les investisseurs étrangers.
- Créer davantage de valeur ajoutée localement, en réduisant progressivement la dépendance aux exportations de minerais non transformés.
- Stimuler l’émergence d’un secteur privé national compétitif, notamment par des politiques d’incubation et de capacitation industrielle.
- Moderniser les infrastructures énergétiques, afin de soutenir la montée en puissance de l’activité minière et industrielle.
- Promouvoir une exploitation responsable, tenant compte des enjeux environnementaux et sociaux.
Pour Daniel Mukoko Samba, l’objectif final est clair : faire des mines un moteur de développement durable, capable d’améliorer le niveau de vie de millions de Congolais.
Le positionnement actuel de la RDC au deuxième rang mondial pour la production de cuivre renforce son poids dans la géopolitique des minerais critiques. Dans un contexte international marqué par la compétition entre grandes puissances pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement, la RDC occupe une place incontournable.
Les grandes économies — Chine, Union européenne, États-Unis, Inde — multiplient les initiatives pour sécuriser l’accès aux ressources congolaises. Le pays se trouve ainsi au cœur de stratégies globales liées à la transition énergétique, à la fabrication des véhicules électriques, et à la diversification des sources d’approvisionnement en minerais stratégiques.
Mukoko Samba a rappelé que cette position confère à la RDC un pouvoir de négociation renforcé, mais aussi une responsabilité particulière dans la manière dont le pays gère ses ressources.
Malgré les progrès enregistrés, le secteur minier congolais continue de faire face à de nombreux défis qui freinent pleinement son potentiel. La faible transformation locale des minerais demeure un obstacle majeur : la RDC exporte encore la majorité de ses matières premières sous forme brute, ce qui limite la création de valeur ajoutée sur le territoire et freine le développement d’industries locales. Cette dépendance aux multinationales réduit également la capacité du pays à négocier des conditions plus avantageuses pour ses ressources.
Par ailleurs, la fiscalité minière reste insuffisamment optimisée et des pratiques de contournement continuent de diminuer les recettes publiques. La contrebande et l’exploitation artisanale non réglementée posent des risques importants pour l’État et pour la sécurité des populations locales. Ces activités illégales entraînent non seulement des pertes économiques, mais aussi des tensions sociales et environnementales dans les zones concernées.
Enfin, l’impact environnemental et social de certaines exploitations demeure préoccupant. La gestion des déchets, la déforestation et la pollution des cours d’eau affectent les communautés riveraines, tandis que les conditions de travail dans certaines mines artisanales restent difficiles. Ces défis imposent au gouvernement et aux acteurs privés de renforcer la réglementation, de promouvoir des pratiques durables et de mettre en œuvre des stratégies intégrées pour un développement minier responsable et inclusif.
L’avenir du secteur minier congolais s’annonce prometteur, notamment grâce à l’essor des minerais stratégiques comme le lithium, indispensable à la fabrication des batteries pour véhicules électriques et le stockage d’énergie renouvelable. La RDC, qui détient d’importantes réserves de lithium, pourrait devenir un acteur clé de la transition énergétique mondiale. Le gouvernement mise également sur le développement de la transformation locale, avec la construction d’usines de raffinage et de fabrication de batteries, afin de créer de la valeur ajoutée sur le territoire et de réduire la dépendance aux exportations brutes. Ces initiatives visent à stimuler l’industrialisation du pays, à générer de nouveaux emplois qualifiés et à renforcer la souveraineté économique de la RDC, tout en répondant à la demande mondiale croissante pour les technologies propres et durables.
Le rappel du VPM Daniel Mukoko Samba ce mercredi 19 novembre 2025 met en lumière l’ampleur de la transformation économique en cours en RDC. Avec 2 milliards de dollars d’IDE annuels depuis deux décennies et un niveau de production de cuivre jamais atteint auparavant, le pays se trouve aujourd’hui à un moment stratégique de son histoire.
Si les avancées sont impressionnantes, les défis restent considérables : transformation locale, souveraineté économique, protection de l’environnement, gouvernance et redistribution équitable des richesses.
Pour la RDC, l’enjeu n’est plus seulement de produire, mais de transformer, d’innover et de s’imposer durablement comme un acteur clé de l’économie mondiale du futur.
Esaïe Vumi objectif DK TV